Un appareil qui semble éteint ne l’est souvent qu’en apparence. Une diode qui clignote, un écran noir mais un boîtier tiède : ce sont les signes d’une consommation en veille qui continue, jour et nuit, sans qu’on y prête attention. Seul un wattmètre, posé sur la durée, donne une image fiable de ce que cette veille pèse réellement.
Une consommation continue, donc facilement sous-estimée
La consommation en veille présente une particularité qui la rend trompeuse : prise isolément, elle paraît négligeable, souvent quelques watts par appareil. Mais elle s’exerce vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tous les jours de l’année, ce qui change complètement la donne une fois cumulée sur douze mois. Un appareil qui consomme peu à chaque instant peut ainsi peser, sur l’année, autant qu’un appareil utilisé activement mais seulement quelques heures par semaine.
La box internet, la veille qui n’en est pas une
Cas particulier parmi les appareils du logement : une box internet ne connaît généralement pas de véritable veille. Pour rester connectée au réseau et prête à répondre à tout moment, elle fonctionne en continu, à peu près à la même puissance jour et nuit. Ce fonctionnement permanent, développé plus en détail dans notre article sur la lecture d’une facture en kWh, en fait souvent l’un des appareils qui pèse le plus sur le poste veille et fonctionnement continu d’un logement, alors qu’on ne la remarque presque jamais au quotidien.
Décodeurs, chargeurs et consoles, des profils très différents
Un décodeur télévisé reste, pour beaucoup de modèles, allumé en permanence ou en veille active pour permettre les mises à jour et l’enregistrement programmé, ce qui en fait un poste de consommation continue comparable à celui d’une box. Un chargeur de téléphone laissé branché sans appareil connecté consomme, lui, une quantité d’énergie très faible, presque négligeable même cumulée sur l’année, contrairement à une idée reçue. Une console de jeu, en revanche, peut consommer de façon significative en mode veille si les options de mise à jour automatique et de démarrage rapide restent activées par défaut.
Veille indicative par type d’appareil
Ce tableau donne des ordres de grandeur constatés pour des appareils courants, mesurés en veille ou en fonctionnement continu. La consommation réelle varie selon le modèle, son âge et ses réglages : seule une mesure au wattmètre donne un chiffre fiable pour un appareil précis.
| Appareil | Veille indicative | Coût annuel indicatif | Solution |
|---|---|---|---|
| Box internet | Fonctionnement quasi continu, pas de vraie veille | Poste parmi les plus significatifs du numérique | Éteindre la nuit si l’usage le permet |
| Décodeur TV | Souvent élevée si enregistrement programmé actif | Comparable à la box selon le modèle | Désactiver les fonctions inutiles, éteindre si absent |
| Console de jeu | Variable, forte si démarrage rapide activé | Notable si l’option reste active en permanence | Désactiver le démarrage rapide, éteindre réellement |
| Chargeur de téléphone seul | Très faible, presque négligeable | Faible même cumulé sur l’année | Débrancher reste un geste plus symbolique qu’utile |
| Ordinateur en veille | Modérée, dépend du modèle et des réglages | Variable selon l’usage quotidien | Éteindre plutôt que mettre en veille sur la nuit |
La multiprise coupée, un geste simple mais pas universel
Couper une multiprise regroupant plusieurs appareils reste un geste efficace pour les équipements qui n’ont réellement besoin d’être actifs qu’à certains moments : imprimante, chargeurs multiples, petit électroménager de cuisine. Ce geste perd en revanche tout son sens pour une box internet, qui doit rester connectée en permanence, ou pour un décodeur programmé pour enregistrer une émission pendant l’absence du foyer. Le bon réflexe consiste à identifier, appareil par appareil, ceux qui tolèrent une coupure et ceux qui doivent rester actifs, plutôt que d’appliquer une règle unique à l’ensemble du logement.
Le vieillissement, un facteur souvent oublié
La consommation en veille d’un appareil n’est pas toujours stable dans le temps. Un vieil équipement électronique, dont les composants se dégradent, peut consommer davantage en veille qu’à sa sortie d’usine, sans que rien ne le signale visuellement. À l’inverse, certains appareils récents, conçus avec des exigences de veille plus strictes, affichent des consommations en veille très inférieures à celles de modèles plus anciens de la même catégorie. Cet écart, invisible à l’œil nu, ne se révèle que par une mesure directe, ce qui explique pourquoi deux logements équipés d’appareils a priori similaires peuvent afficher des postes de veille très différents.
Les réglages par défaut, souvent les plus gourmands
Beaucoup d’appareils électroniques sortent d’usine avec des réglages qui privilégient la réactivité plutôt que l’économie : démarrage rapide activé sur une console, mises à jour automatiques programmées à toute heure sur un décodeur, écran de veille lumineux plutôt qu’un vrai arrêt sur un ordinateur. Reprendre ces réglages un par un, dans les menus de configuration de chaque appareil, permet souvent de réduire la consommation en veille sans perdre aucune fonctionnalité essentielle au quotidien. Ce travail de réglage, fait une seule fois, continue de produire son effet chaque jour de l’année qui suit, sans qu’il soit nécessaire d’y revenir.
Mesurer avant de généraliser
Face à la diversité des profils de veille selon les appareils et les modèles, la seule façon de savoir ce qui pèse vraiment dans un logement donné reste la mesure directe. Un wattmètre posé successivement sur chaque appareil suspecté, sur plusieurs jours pour capter les cycles de fonctionnement, permet de construire une image fidèle de ce poste de consommation, plutôt que de se fier à des moyennes qui ne correspondent pas forcément à l’équipement réellement installé. Cette approche rejoint celle développée dans notre dossier sur ce que consomment vraiment les appareils d’un logement, où la même logique de mesure prime sur l’étiquette ou la réputation d’un modèle.
Les repères généraux sur la consommation en veille des équipements domestiques figurent notamment dans les ressources publiées par l’Ademe, utiles pour situer un ordre de grandeur avant de passer à la mesure propre à son propre logement.
Un geste ponctuel, un effet permanent
L’intérêt de traiter le poste de la veille tient à sa nature continue : contrairement à un geste sur le chauffage, dont l’effet varie avec la saison, un réglage corrigé sur un appareil en veille produit le même gain chaque jour de l’année, hiver comme été. C’est ce qui en fait, une fois le diagnostic posé par la mesure, l’un des postes les plus simples à corriger durablement : pas de travaux, pas d’investissement lourd, seulement quelques réglages repris une bonne fois et des appareils réellement éteints quand ils ne servent à rien.







